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 Phase 4 - Father.

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AuteurMessage
Owen del'sabler

PROPRIÉTÉ D'ALEX (♥)
PROPRIÉTÉ D'ALEX (♥)
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Age du personnage : 20 ans

Familier : Ewin, un fennec
Couleur de magie : Sable
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Plutôt élevé


Métier : Etudiant. M'enfin, j'essaie de l'être.
Résidence : Un studio en bordel.
Dans le sac : Une dague, de la bouffe, des choses et d'autres quoi

Affinités : ~ L. Je n'aurai pensé qu'une amitié pouvait être si importante. Jusqu'au jour où tu es partie.

~ A. J'aurai du te parler de ma tendance à foirer avant de te parler.

~ C. L'amour, ah, l'amour. Pourquoi vouloir le toucher alors qu'à la fin, on finit brisé.

~ Alex. Un profond respect et une amitié naissante, peut-être réussirez vous à avoir ma confiance.

MessageSujet: Phase 4 - Father.   Lun 24 Avr 2017 - 0:37

Father
T'as toujours été un con pour moi. Le type qui m'a toujours pris la tête, le gars moralisateur qui me les a brisé jusqu'au bout, jusqu'au dernier souffle putain, j'aurais aimé entendre tes leçons à la con. Et maintenant que t'as disparu, comme ça, sans rien dire, sans dire au revoir. Je fais quoi ? Je fais comment ? T'as toujours été insupportable, et j'me suis juré dès le début de pas te respecter. Mais à force d'entrainements et de minutes écoulées, j't'avoue que j'avais l'impression de me retrouver face au père que j'ai jamais pu avoir. Alors pourquoi t'es parti, hein dis moi, pourquoi tu m'as laissé? 

C’est confus, moche, silencieux. Un silence qui m’agrippe les entrailles. C’est assez insupportable. Y’a des flammes de partout, ça fume, ça râle, ça sent le sang, odeur cuivrée, la poudre m’agresse les sens. J’ai le corps qui proteste, alors qu’il se soulève de terre. Mes muscles gueulent, eux aussi sont à l’agonie. Mon couteau glisse au sol, la lame retentit, fait écho dans la cour vide de vie. J’ai l’impression d’être seul, d’avoir gagné. Y’a plus un bruit dans l’air, juste quelques personne qui essaient encore de faire sortir des mots de leur lèvres éclatées. Je comprends plus, je comprends pas. Mes jambes se traînent lourdes de fatigues, les tremblements qui les animent me font tomber et je trébuche, face contre terre, les mains dans une flaque carmin. Visage masqué qui me fait face, le masque noir qui a glissé dans la chute, il découvre une peau blanche, laiteuse et quelque mèches dorées, ça aurait pu être moi que je me dis.

Les biceps s’activent à nouveau, tendus, ils me relèvent. Et je m’assieds, les jambes tendues devant moi. Mes mains trouvent mon haut, et j’essaie de frotter le sang contre le tissus avant qu’il ne soit sec. C’est stupide vous m’direz, de vouloir à tout prix oublier l’horreur d’une guerre alors qu’il y’a quelques secondes j’y participait. Impression de sortir d’un brouillard, transe assassine alors qu’enfin je daigne tourner le visage. Des corps. Partout. Y’a de la fumée aussi, beaucoup trop de fumée. Ca pue la mort et mon estomac tourne sur lui même. Douleur au flanc droit, entaille que je découvre et de suite je presse ma paume dessus. Le combat fut rude, beaucoup plus compliqué que ce que l’on avait pu imaginer. J’ai le visage qui me brûle, l’adrénaline qui redescend, le corps qui proteste alors que je commence à bouger. Je dois les trouver.

Je traverse la porte principale, les corps m’y retrouvent, les bras tendus, des sourires horrifiés et des regards absents pour m’accueillir. Je m’attends presque à ce qu’ils se relèvent, Ombres comme Sangraves et qu’ils m’entraînent avec eux, comme une punition pour avoir survécu au massacre. Parce qu’il n’y a pas d’autres mots qui me viennent à l’esprit. L’escalier lui, est aussi scène de crime, certains ont des membres en moins, d’autres sont calcinés, ou encore ont simplement eu le crane fracassé sur les marches. La main libre appuyée contre le mur, je continue d’avancer. Trouver ceux qui restaient, ceux qui devaient forcément avoir survécu, c’était la priorité.

Pause au première étage alors que je crois apercevoir un blessé, quelqu’un de mon camp, ceux des gentils, des ombres, des bonnes personnes. Mais ce n’est qu’un masqué, qui le masque à la main, se vide lentement de son rouge. Il est bien pâle, le gris contre son mur de pierre, et sans y réfléchir, je m’approche de lui. La peur sur son visage, il semble avoir mon âge, les mèches brunes de sa tignasse sont parsemées de blancs, poussière de craie, destruction délibérée dans nos tentatives de réussir à les vaincre. Non, à les exterminer. Je me pose près de lui, échange quelque mots, lui apporte un peu de paix. Ses lèvres tremblent encore, le venin qu’il n’a plus la force de débiter lorsqu’il réalise que je ne suis pas comme lui, que je suis plutôt contre lui. C’est dans un sourire qu’il s’éteint cependant, apaisé, le poing serré contre son flanc à moitié calciné. Et j’en viens à me demander si tout cela valait réellement le coup, si la bannière de « gentils » nous revenait réellement. J’en viens à me dire que moi aussi, j’aurais dû crever.

Le second étage se révèle différent. Y’a encore du feu qui peine à s’éteindre dans un coin, des blessés qui chuchotent dans un autre. Je les ignore, continue ma marche, réelle quête qui s’ancre dans le palpitant. J’ai les doigts qui se serrent contre mon flanc, la douleur me fait mordre l’intérieur de mes joues alors que j’ai l’impression d’imploser. Tout semblait si facile, gagné d’avance, acquis même. A quoi bon, pour quelles raisons, où est l’utilité ? Silence à nouveau alors que j’arrive devant un trou béant. Les marches ne sont plus, bloquées par des morceaux de murs. L’abandon me fait de l’œil, d’une main levée, sur le côté il m’attire, entre deux trois flammes qui peinent à survivre et des corps qui n’ont plus d’identité. Longue inspiration alors que je considère la chose. J’ai la figure du maître qui s’impose dans l’esprit, le sourire confiant qu’il m’avait adressé avant que tout ne commence, avant que le chaos s’installe. Et c’est ça qui me fait avancer.

Mes mains s’écorchent contre les gravats tombés, et je peine à grimper jusqu’au troisième étage, là où la fumée est noire, épaisse. Le corps qui refuse de se relever alors que j’y arrive enfin, je reste quelques secondes à haleter, le visage en feu, les bras fatigués. L’adrénaline n’est plus, y’a plus que la douleur de combats féroces qui subsiste. Le troisième étage est jonché de cadavres, tout comme les autres. Mais ça semble différent encore, y’a plus de poids dans l’oxygène, comme si le vent se refusait à venir balayer la lourde odeur de feu qui subsiste ici. Mon nez vient trouver mon coude, la gorge se serre, refuse de libérer les mots qui n’attendent que ça, de pouvoir gueuler. Mais les syllabes se coincent alors que je reconnais des Ombres parmi les visages arrachés. J’ai le cœur qui tombe à chaque connaissances fracassées contre le sol froid de la forteresse. Ca semble irréel, comme une simulation qui aurait mal tourné, et je résiste à l’envie de me pincer pour vérifier si la réalité n’est pas qu’un rêve éveillé.

Pourtant le cauchemar est bien là.

C’est presque au centre des macchabées que mes cuisses démissionnent et que je me retrouve à genoux, dans la marées inanimée. La vie est bien cruelle, ou alors elle aime les blagues qui n’ont que des chutes violentes, qui ne feront rire que certains. Je ne sais pas, je ne sais plus. J’ai juste envie de gueuler. Au creux des vagues mortes, se trouve un corps que je reconnais. Et je me traîne jusqu’à lui, les genoux dans la cendre, dans la pierre, dans le sang. Éternel sourire figé sur sa barbe calciné, le trou béant dans sa poitrine me retire tout espoir qui s’envole pour exploser en bulle de détresse un peu plus loin dans la pièce. Mes doigts tremblant viennent se poser contre ce qui ressemble à un avant bras, une épaule intacte, qui n’a pas été arrachée. Son visage n’est qu’un amas de sang, à peine reconnaissable sous la violence qui s’est posée contre les traits durs et froids du maître aimé.

Douceur dans les gestes alors que je ferme ses yeux encore écarquillés, l’étincelle qui n’a plus sa place dans les prunelles sombres. L’envie d’abattre des poings à mains nues qui me prend à la gorge. J’ai plus la voix pour crier, j’ai plus l’envie de me relever. Je regarde autour de moi, partout, des corps que j’arrive à identifier. Un visage féminin là-bas, ressemble à celle qui nous a menés, et les entrailles se déchirent, elles se serrent sous les larmes que j’interdis de couler. L’innocence finit de se briser alors qu’à genoux, je réalise lentement que nous avons sûrement gagner. Mais à quel prix ? La victoire est acide, elle est violente. Je n’ai même plus envie de savoir qui a survécu, qui s’est effondré. Plus rien ne m’importe, les convictions s’envolent alors que je réalise l’étendu du carnage. Plus rien ne compte désormais, je me sens perdu, désorienté, seul. Les yeux se baissent sur l’homme, et en silence j’ose bouger sa tête. Poids plume sur mes genoux, les mains qui sont de marbres, même la douleur s’est éteinte sur mon côté, comme si elle aussi, elle comprenait qu’il fallait qu’elle se taise. Anesthésié que je suis. La fumée s’envole toujours contre les nuages, et je l’observe épouser leurs formes blanches. Un instant, je souhaite pouvoir être oiseau et m’échapper. Loin du sang, loin du feu et des sanglots. Loin du silence qui m’écrase de ses griffes acérés. Les yeux ne savent plus où se poser, la conscience n’avance plus, bloquée sur le mort devant moi.

Et voilà que je suis à nouveau orphelin.
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