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 Entrelacs-Handschrift tome DEUX

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AuteurMessage
Will Torance


Will Torance

Age du personnage : 25 ans

Familier : Mort. C'est un souvenir douloureux, il serait adorable de ne pas en parler.
Couleur de magie : Rouge
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Lieutenant des Camouflés.
Dans le sac : L'univers, en petit format.

Affinités :


MessageSujet: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeMar 23 Aoû 2011 - 20:06

Je posterai ici quelques extraits! En espérant que ça plaise (et toutes les critiques (surtout négatives en fait) m'aidant à mieux construire mon roman m'aideraient). Merci beaucoup, guys!
santa

Entrelacs-Handschrift tome DEUX 174598_173344529370281_138911_n


ENTRELACS
HANDSCHRIFT.
Tome deux.
Open yours eyes.





« Tell me would you kill, for save a life, tell me would you kill for prove you're right. »

30sd to Mars, “Hurricane”.


Synopsis.

Une année de solitude. Gaël n'est pas là.
Elyo: Caméra dans Handschrift: peur panique grandissante. Il est dominé par la volonté de Gaël.
Willan: Sent la fissure entre lui et son jumeau se creuser de plus en plus : il n'arrive plus à tomber amoureux et cherche vers Elyo un secours = se heurte à une barrière: Elyo ne lui accorde aucune attention; Willan ne peut plus se voir nu; déteste qu'on le touche, va commencer à détruire tous les miroirs, se retrouve confronté à Elyo. Va devenir violent, drogué, taciturne....


CHAPITRE UN.





Té prè ? Cool. Sa va tro tro kiffer, mwa jvous l'dis. Will? Waiiiiiiiiis, je serais des vöötre les mecs!^^. Sebastien, il vient, se con?Waiiiiis, on pouvait pas pas l'inviter. Mwahahhaa, comment, tu cause! Eyh, te prends pas la grosse tête. Please, les mecs, wous saver pas si Konnardo il a donner des devoirs, en maths, pour lundi? Konnardo? Ptin c'est un groos grooos rippou lui. Nan, il à rien donner, je crois. A propos, vous savez si Pierre il a été collé?[Elyo est en ligne]Nan, je sais pas. Elyooooooo! Eyh! Eyh, mec! Tu foutais quoi!? Salut Elyo! Yo, les mecs. Will, je me magne, préviens Steb que je serais là dans un quart d'heure. T'es tjrs là où je pense? Yeah. Okay, je le préviens. Eyh, Elyo, tu nous files ta rédac pour mardi prochain? C'est ça! Et toi tu me files tes maths? Bah...pas faits...^^''. Comme c'est étonnant...moi non plus. Louis, tu est là, demain?
Eyh, Elyo, tu te fous de nous? Qui ne sera pas là? xD

Mouais. Qui ne sera pas là?
Je reculais sa chaise. Mes doigts pianotèrent sur le clavier.
« Bon, les mecs, je vous laisse seuls...des trucs super importants à faire pour demain. »
Les réponses furent brèves, puis je me déconnectais.
Silencieux.
Mes prunelles se posèrent sur l'ordinateur. Mensonges. J'avais tout préparé. Et le malaise était là, pourtant...
Mes semelles effleurèrent le sol, dans le mouvement balancier du siège de bureau. Estéban me laissait de plus en plus rentrer dans son espace de travail, ce qui, ije l'avouais, m'étais plutôt avantageux.
Des mèches sombres vinrent strier son champ de vision quand il renversa la tête en arrière, pensif.
Qui ne viendrait pas? Pourquoi pas lui, pour une fois? Ne pouvait il pas se permettre une folie? Celle de rester seul? De réfléchir? De se souvenir, de comprendre, d'attendre, comme à chaque fois? Il était en colère.
Je restais quelques secondes dans cette position, puis d'un mouvement brusque, bondit sur mes pieds. Tsss, fallait vraiment que je m'attache les cheveux...ils m'arrivaient limite au milieu du dos. Certaines personne se plaignaient du fait que leur tignasse ne poussent pas suffisamment vite... pfff, combien de fois m'étais-je coupé les cheveux, en deux ans?
Je sortis lentement du bureau encore illuminé par le halo puissant de l'écran d'ordinateur. Vingt quatre heures à attendre, c'était pas la mort. Mais... avoir attendu deux ans? C'était pas la mort non plus... presque.

Le salon puait le café d'Estéban, ce dernier assis dans un pouf de cuir, le regard porté sur une tapisserie mythologique représentant des hommes évolués en loup. Indien d'Amérique. Oubliés.
Sauf par les timbrés comme Estéban.
Mon parrain jeta un regard bref sur moi, souriant.
_Tu lui à demandé quand il rentre?
Je hochais la tête, occupé à attacher mes cheveux. Ces derniers ondulaient entre mes doigts, de plus en plus secs. J'hésitais à les couper...
_Elyo?
Mes yeux se posèrent sur Estéban. Il me tendit sa tasse de café. Je l'attrapais du bout des doigts, dégouté.
_Qu'est ce qui ne va pas, Elyo?
Je portais le rebord à mes lèvres. C'était dégueulasse, ce genre de mixture. Je bus en silence. Le regard d'Estéban ne me lâcha pas une seconde. Je posais la tasse sur la table basse. Le tintement bref me sortit de ma réflexion. Ma langue fit le tour de mes lèvres,avant d'expliquer.
_J'hésite. A y aller.
Il sourit, récupérant la tasse. Ses dreads étaient lâchées sur ses épaules, se mêlant à ses longs cheveux blonds emmêles.
_Tu fais ce que tu veux. M'est avis que tu risque de louper des trucs.
_Il y aura de l'alcool.
_Je le sais. Mais je te fais confiance.
J'ouvris légèrement la bouche, prêt à sortir un argument décisif, puis capitula. Je posais ma main sur ma poche.
_O.K....
Il sourit, et tourna la tête. Ses mains attrapèrent le journal, qu'il observa longuement avant d'ouvrir de nouveau la bouche.
_Éclate toi Elyo. Je voudrais que tu retrouve le sourire.
Je sortis du salon, sans ajouter le moindre mot. Comme si c'était fait. Je savais très bien sourire pour de faux. Dommage qu'Estéban, Will, et tout les autres sache le reconnaître.
Je frappais le mur. Mes phalanges se remirent à saigner.

Mes pas me conduisirent rapidement en dehors de la maison. Il avait plu, hier. Malgré l'été de plomb qui régnait depuis deux semaines. Je me stoppais, les mains dans les poches, au dessus d'un caniveau. Mon reflet projeté semblait me hurler de me reprendre.
Grand. Mince. Beau.
C'était comme ça que beaucoup d'amis sur Facebook m'avait décrit lors d'un interrogatoire. Marc Zuckenberg m'avait bien lessivé, là...
JE me tournais vers la gauche du trottoir. Une vitre m'interpellait, me miroitant parfaitement. Mon visage était plus dur...mais mes yeux étaient vides. Où était le feu émeraude? Je ne savais plus.
J'avais dix sept ans depuis trois jours.
J'avais grandi, m'était, sans surprise, assouplit, contrairement à mes potes « mâles », et mes cheveux noirs ondulés couraient le long de mes mâchoire, sur mes épaules.
Je ne voulais plus être androgyne. Gael ne reviendrait plus, c'était terminé.
Il était mort.
Je me remis à marcher.

Willan arriva vers cinq heure. J'étais sur le tourniquet du parc, battant sans ardeur le sol, pour faire tourner l'objet. Une grosse toupie.
Il s'assit à coté de moi un sourire aux lèvres. Ses mains se posèrent sur mes épaules, et d'une voix excitée, il annonça.
_Julie peut venir, et ses copines aussi! Elles apporterons des correspondantes hongroises.
_Je croyais qu'Amélie en avait une chinoise?
_Waip. T'as une prise, brother!
Je ne répondis rien. Il se mit à rire, posant ses deux jambes sur le tourniquet. Un vertige commença à m'envahir.
_Allez mec! Tu devrais t'intéresser aux filles!
Je le frappais ou je le frappais?
_J'emballe la chinoise dès 22heures, marmonnais en relevant la tête.
Willan eut un soupir de satisfaction, comédien.
Mes yeux se posèrent, félins, sur mes mains.
Colère.

_Welcome to l'anniversaire d'Elyo et Willan! Cria Pierre.
Il avait grandi, épaissi. Ses muscles saillants se dessinaient sous le débardeur simple qu'il portait. Son rire charmeur fit roucouler toutes les filles qui passait devant lui. Il arqua ses épais sourcils sombres en remarquant que Fred n'était toujours pas là.
_Putain, il est où, ce con?
Sébastien, un grand mec brun à lunette s'approcha de lui, timidement.
_Il a dit qu'il devait foncer acheter deux trois dernières bricoles...
Pierre resta silencieux, puis se frappa le front d'une grand coup sonore. Il rit tout seul.
_Ah oui! La bière!
Je m'avançais vers lui, un sourire sadique sur les lèvres. Il se retourna, rayonnant.
_J'ai cru qu'il allait nous fausser compagnie.
_J'avais dis pas d'alcool.
_Mec, t'as dix sept ans! Pas treize.
_Justement. C'est qui le Sam de la soirée?
Il soupira et me passa le micro. Je lui jetais un regard dédaigneux, puis approchais l'objet de mes lèvres.
_S'il vous plait...je veux trois Sam. Maintenant tout de suite, merci.
Les invités étaient une petite cinquantaine. JE ne connaissais pas la moitié, mais la moitié me connaissais. Vive la popularité des gays au lycée.
Il y eut des rires, puis des sifflement, mais finalement, Sébastien et deux filles s'avancèrent, la mine calme. Je les remerciais d'un regard.
_ Pas un verre, okay?
La blonde hocha la tête, tandis que son amie, brune aux lourdes paupières eut un vague sourire. Sébastien me sourit. J'avais confiance en eux; ils ne boiraient pas.
Je posais le micro sur sa base. Willan bondit de nulle part derrière moi, interpellant la foule.
_ Notre anniv-party commence dans un quart d'heure, tout le monde est prêt à s'éclater?
Un « ouais » retentissant jaillit des gorges, me brûlant la tête. Il fallait que je dorme. Ou que je chiale. Au choix. Je me dirigeais lentement vers les toilettes.

Gaël ne reviendrait pas, ne reviendrait plus jamais. Il était mort pour moi. Pas de signe de vie depuis deux ans. Il était mort pour moi...
Pierre et Fred n'en parlaient pas, certains avaient carrément oubliés son visage. Moi j'étais seul, avec ma peur, ma souffrance et ma haine. Willan combattait.
_ Elyo? La fête à commencé, on ouvre le buffet...
Une blonde pulpeuse que je ne connaissais pas, habillée d'une robe très courte entra dans les toilettes. C'était pourtant marqué « homme » sur la porte.
Elle ondula avec ses talons aiguilles jusqu'à moi, rutilante de fond de teint. Elle sourit.
_Tu pleurais?
Je restais silencieux. Mes yeux devaient être cerclés de rouge. Rouge et vert. Colère. Je pleurais de colère. Dégage, blondasse.
_Tu veux parler?
Elle avait sournoisement refermé la porte des toilettes. Sa robe faisait ressortir ses seins en colombage. Elle sourit, venant à coté de moi.
_ Dis...qu'est ce qui va pas?
Je pariais un sur mille qu'elle avait un nom de pisseuse. C'était une pétasse. Je la détestais, l'ignorais. Pourquoi fallait-il qu'elle soit entrée?
_ Allez mon chou...t'es vachement mignon...
J'étais adossé au mur. Mon regard la figea sur place. Un mot de plus, et je t'éclate contre tes propres talons aiguilles... Mon regard meurtrier fit son effet. Elle s'écarta; je sortis des toilette.
J'étais habillé en baggy. Plus de vêtements fins, collants. Gros pantalon large, Vans, sweat blanc...je ne ressemblais vraiment plus à mes souvenirs...quand j'avais quinze ans...plus du tout.
Sous le feu des lampes, dans les cris de joie de cette jeunesse qui bougeait toute ensemble, je pénétrais, me mêlant peu à peu aux rire. Aux dégustations. Aux boissons. Aux fumées. Aux rires. Aux délires.
Je posais mes genoux sur le canapé, un entre les jambes de la fille. Mes mains vinrent dessiner le visage asiatique, et sous les rires, les sifflements et les quolibets, je remportais mon pari avec Huan-Li.
Ses lèvres glissaient sur les mienne, douces. Soudain, elle sortit les dents, et se mit à tirer avec insistance sur ma nuque de ses mains pressantes, me dévorant presque les lèvres. J'étais euphorique. Ses doigts, dans le crépitement des lumières aux alentours, soulevèrent mon sweat large. Elle n'aurait jamais pu si j'avais porté un haut collant, comme avant. Elle glissait sur mon flanc, sur mes cotes, mes abdominaux, mon pli inguinal.
Je la plaquais contre le canapé. Plus rien n'avait vraiment d'importance. Mes lèvres couraient sur sa gorge. Ses souffles contre ma joue, sa respiration saccadée, chaude. J'étais fou. Sa langue et la mienne, en symbiose. Elle mordait mes lèvres. Je la tenais plaquée contre le canapé, assis sur ses cuisses. Elle leva le menton, tendant la fine membrane de sa peau. Je descendis jusqu'à sa poitrine, lentement, enivré par ...les délices de l'adrénaline.
Presque automatiquement, sans que je cherche à comprendre, elle avait presque ôté mon haut. Ses cheveux lisses, noirs...
_Là, stop.
Willan posa sa main sur l'épaule de la fille. Comment elle s'appelait déjà? Autour de nous, on riait, se faisant passer la bouteille.
La Chinoise rit, et posa sa main sur mon corps, très bas. Je me reculais, électrifié et sentant peu à peu la raison reprendre place, se mêlant à la folie euphorique du baiser. Elle rit, rejointe par deux autres blondasses. Willan me tira par les épaules.
_Mignon, Elyo!
_Eyh, les abdos!
_Putain, pour un gay, il gère! Je suis sûr qu'il est dégouté des mecs!
_Reviens plus souvent, chéri! Ha! Ha! Ha!
Je remis mon sweat comme dans un rêve. Willan proposa de m'accompagner dehors. Je refusais, trop amusé par la soirée. Il était quelle heure? Deux heures du mat? Tant mieux! C'était géant!
Pierre et Fred avaient lancés un concours. Boire le plus de bouteille possible. Pierre avait dégueulé de nombreuses fois.
Je voulais participer. Willan n'était plus là. Il était allé chercher le gâteau.
Un air de musique réduit soudain l'ambiance au silence. Puis une énorme agitation. La boom! J'avais complètement oublié!
La fureur qui m'excitait jaillit de mon corps, et je me joignis à ce dragon qui ondulait, composé d'adolescents en furie. La fumée s'élevait en l'air.

_Putain la cuite!
_Trop, trop géant la soirée!
_On se refait ça, c'est pas possible!
_Happy Birthday, les Spirtyan!
Ils riaient tous. Willan leva un verre de champagne oscillant, tenant dans l'autre main une poupée barbie roucoulante.
_Merci les mecs! Rentrez bien!
Devant l'unanimité générale, il embrassa une dernière fois la fille avec fougue, avant de se casser vers les toilettes. Je l'y rejoins.

_On est cons.
_Je le suis plus que toi.
_Ouais... moi les filles, je maîtrise.
Je m'assis sur le lavabo. J'avais mal au crâne. JE baissais les yeux, il s'approcha de moi.
_La chinoise maitrisait parfaitement la situation. Pas toi.
_Je sais. J'étais K.O...Pas de réaction.
_T'étais complètement ivre.
Je posais mes yeux sur lui. Nous étions trempés de sueur, brûlants, encore sous l'effet de l'alcool. Mais beaucoup plus maitrisable...beaucoup plus.
_Elyo. T'y arrive pas avec les filles. Te force pas.
_J'embrasse si mal que ça? Lançais-je avec un sourire moqueur.
_Pas du tout.
Il me contourna, plaçant ses avant bras métis sous le jet d'eau glacé. Ses cheveux étaient tellement imbibés de sueurs qu'ils collaient partout sur son corps, frétillants jusqu'au milieu du dos.
_Seulement, moi je te connais. Je sais voir quand tu délire.
_Merci quand même.
Il releva ses yeux verts sur moi. Dix sept ans, et mon petit frère me faisait la morale. Il était tellement moins gamin que moi.
_Pas de quoi. Fais attention.
Je ris. Abruti, abruti, abruti, abruti! Elyo tu es le pire des abrutis!

Je laissais à Willan le soin de raconter la soirée à Estéban, tandis que je me dirigeais vers la salle de bain.
Fallait que j'arrête de chialer, bon sang! Les larmes se mettaient à couler toutes seules.
JE me laissais chuter contre le mur carrelé. Mes mains encerclèrent mes genoux. J'avais embrassé une fille. Étais-je vraiment sous l'emprise de l'alcool, à ce moment là?
J'avais tenté de m'heurter à mes attirances, de refuser ce que j'étais. Une fille. Nan mais pourquoi pas une vache? J’étais dégueulasse, con, salopard. Je m'endormis rapidement, laissant le soin aux rêves fiévreux de me faire oublier cette foutue journée.

Mes draps étouffants furent virés dans la nuit. Je le constatais le lendemain même, surpris de ne pas rencontrer de résistance textile de la part de mon lit. Je regardais autour de moi. Ah oui...le quinze août... je soupirais en me levant.
Comme tous les jours, une espèce de danse automatique s'effectua. Je me levais du lit, croisais Willan à coté de la penderie, qui sans me regarder, me tendait un bandeau de cuir rouge, et je me dirigeais vers le salon en attachant ma tignasse.
Estéban était déjà sur l'ordinateur. Ses yeux, rapides, précis, à l'image de ses doigts nerveux, veillaient sur le moindre détail d'un logiciel en voie d'exportation. Il avait été promu, dans sa boîte, et était de plus en plus absorbé par le boulot.
_Tu veux que j'aille faire les courses?
Il hocha brièvement la tête, les paupières agitées de tics nerveux. Je m'assis sur la chaise, récupérant sa tasse fumante. Je me droguais au café. Totalement incroyable.
Willan pénétra à son tour dans la pièce, posa la main sur la table. Je constatais que son poignet était griffé dans toute la largeur. Willan me fit signe que ce n'était pas grave. J'eus un mouvement de sourcil dédaigneux, qu'il snoba. JE me souvenais de la fille barbie, et de ses longs ongles rouges peints. Si je la revoyais, je lui fichais une claque.
_Je viens avec toi pour les courses. J'ai des trucs à acheter aussi.

Notre grand délire; un derrière le chariot, l'autre devant, en équilibre. Et courir en hurlant à travers la galerie marchande. Débile. Mais tellement hilarant.
Après avoir failli se casser le cou pour la troisième fois, JE descendis du chariot, et attrapais un pot de Nutella. Je le lançais à Willan qui le scanna (vive le progrès) et le posait dans le caddie. Je m'éloignais, flânant dans les sucreries, quand soudain, un détail m'interpella.
Une ombre sinueuse, ondulante parmi les clients inattentifs se dressa soudain devant lui. JE levais les yeux sur un visage ravagé, aux yeux fous, noirs. Un visage de démon, un visage familier.
Willan poussa un cri de surprise quand je fus éjecté contre le chariot. Il se précipita, mais le rayon était vide. Ou presque; un agent de sécurité nous observaient, l'air ahuri.
_Qu'est ce qui s'est passé?


Estéban rentra tard le soir. Il alluma la lumière, qui électrique, inonda le salon. Il entra dans la pièce. Nous regarda. Willan s'était endormi, les avant bras sur les paupières, comme pour se protéger de l'agressivité de la lumière.
_Elyo...ça fait combien de temps que tu n'as pas vu un psy?
_J'irais chez un seul psy. Chez Henry.
Il soupira, posant son sac sur le sol, et s'approcha de moi.
_Elyo... l'année de tes quinze ans s'est terminée. Henry n'est plus là, Gaël n'est plus là... il faut grandir. Avancer.
Je posais la tête sur le rebord du canapé.
_Tout est terminé. Comme tu as raison.
J'avais l'impression d'écrire mes dires.
Je voulais mentir. Tellement mentir, pour une fois.

L'été, c'est long. Pierre et Fred venaient de temps au temps nous inviter au cinéma, mais je préférais rester en quarantaine, ces derniers jours. Les jours, lents, défilaient avec un tempo épouvantablement allongé. Je m'ennuyais, et les heures couraient comme des escargots.
Couché sur le lit, mes doigts effleurèrent mes mèches noires.
Et si je me suicidais? Nan, j'avais trop la flemme...
J'étais un menteur. Tout cela n'avait jamais existé. Thanel n'était qu'un rêve, un prénom murmuré le matin, dans une torpeur incomplète.
Gaël. Ses cheveux rouges étaient pure fantaisie. Jamais pareille nuance capillaire n'existerais. Ses yeux noirs, puits de souvenirs...conneries. Je les avais inventés. Entrelacs n'avait jamais existé que dans mon imagination. Jamais je n'avais été en contact avec ce psychopathe d'Elyo, roi de Straelitzie. Rien n'existait.
Je me levais. La colère déchirait mes traits. J'allais déchirer, brûler ce putain de livre. Détruire Handschrift de ma pensée, tuer un système solaire noir. JE me devais de grandir. Et garder l'espoir secret qu'une telle fantaisie ait put exister, c'était vraiment un comportement immature et puérile.
Mes pas ne me trahirent pas car Willan ne se réveilla pas. Mon baladeur dans les oreilles, je me préparais en vitesse. Rentrer dans la chambre d'Anna, autrefois, quand elle vivait chez Estéban.
Le livre de cuir était caché. Caché depuis longtemps, pour tout oublier, oublier ce passé de dément.
Je défonçais la porte de l'armoire d'un coup de pied, puis éventrais le carton et sortit le bouquin. Mon briquet dans la main, je passais par la fenêtre dans le jardin. Hahahaha, un joli feu de joie!
La lune vint frapper la couverture. Comme pour éclairer en un dernier hommage cette aventure qui s'était terminée dans la folie, le sang et des explosions incompréhensibles de mots, de paroles et de destins brisés.
Je m'attendis presque à ce qu'une lumière éclatante fuse d'entre les pages, et que Gaël arrive en courant, ou jaillisse du bouquin. Ma flamme effleura la couverture. JE n'hésitais plus. Il fallait grandir, oublier.
L'ombre me frappa par derrière. Dans la nuque.
J'étais heureux.

Mes yeux s'ouvrirent lentement. J'avais un de ces maux de crâne...pire que quand je m'étais bourré. Quoique...
Willan au dessus de moi, en train de gueuler. Pfffff, faut toujours que tu te la ramène. Il croisa mon regard et se calma.
Je fermais les yeux. Je ne savais pas où j'étais. Donc, mauvais réflexe que de ne pas regarder. Mais je voulais d'abord réfléchir.
Est ce que, par miracle, j'étais dans Entrelacs? Est ce que par miracle, la magie s'était souvenu de moi? Est ce que la science fiction m'avait fait voyager dans un monde parallèle? Étais je dans un Exputo, Thanel à mes cotés? Avais-je le droit d'espérer cela? De sourire, de retrouver ceux que j'aimais? Téliosen, Villi, Lorcan, Elyo, Willan, Bleue, Fline, Gaël?
Je voulais revenir en arrière....
_Qu'est ce qui s'est passé?
_Je ne veux pas que tu brûle Anna.
Mon silence fut pure conséquence de la véracité de ses paroles. Avec le recul, je me rendais compte en une seconde, que j'avais souhaité brûlé notre mère.
Un haut-le-cœur me prit et me retournais pour cracher les sucs sur le sol. Cracher...il n'y avait vraiment aucun autre mot.
Je me rassis sur le lit. Mes yeux étaient désormais habitués à la luminosité. Je les ouvrais, et soudain, reconnus où j'étais.
_Will!
_C'était nécessaire. Je devais cacher Entrelacs de ta furie.
JE plaquais ma main sur ma bouche. J'étais si fragile, si chochotte...malgré moi, les larmes de rage et de désespoir envahirent mes yeux. Nous étions chez Gaël. Un lieu que je désertais.
Une ambiance de mort régnait: le silence, la poussière d'un abandon des lieux... des fantômes erraient partout, souvenirs lointains.
_On est chez Gaël...
_Je sais. On dégage si tu veux.
Je bondis presque hors du lit. Je voulais me casser de là. Me barrer, m'enfuir.

Lorsque Willan referma la porte à double tour, je pus enfin respirer normalement. Il sourit, et me proposa de me raccompagner. Je refusais, les yeux expressément tournés vers la rue, afin de ne pas tomber sur cette stupide maison aux tuiles rouges, sous le soleil couchant.
_Laisse moi une heure ou deux...

La nuit. C'était la nuit que je réfléchissais le mieux. Le vent soufflait sur Rezé, et je marchais, les mains dans les poches. Je n'avais aucune destination précise, si ce n'était le flux de mes pensées. J'avais grandis. D'un point de vue moral et physique. JE mesurais un mètre soixante quinze. Et ma croissance n'était pas terminée. Mes cheveux si noirs autrefois s'étaient asséchés, et illuminés. Ils viraient légèrement vers le châtain, et mes reflets bleus s'éteignaient avec le temps. Mes yeux autrefois si vivants étaient devenus vides. Haineux.
Mais je restais chat. Avant, j'avais remarqué être très très narcissique. JE me souvenais me pavaner, exhiber mon image, mettre en valeur mon regard si peu commun, apprécier le sentiment d'être détaillé des pieds à la tête, d'être admiré. Je me considérais comme un chat. Juste par le fait que cet animal était fin, et souvent synonyme de vivacité.
Mon corps était mince, souple. Musclé, leste. Je restais fille. Fille. J n'arrivais pas à les embrasser. J'avais compris que j'étais amoureux de Gaël peu après mes seize ans. Je crois qu'a l'époque, je pensais qu'il reviendrait du jour au lendemain. Qu'il reviendrait. Le lendemain. Puis le lendemain. Encore le lendemain. Toujours le lendemain.
Il n'était plus là. Comprendre cela, ce fut un déchirement qui se fit sur plusieurs semaines, plusieurs mois. Mon sourire omniprésent avait disparu peu à peu. Je baissais les yeux, éteignant le feu de mon ardeur. Une souffrance vint naitre dans mon ventre.
Wir schreien zusammen allein.
J'aimais toujours. Peut être se moquerait t'on de moi. Je n'avais rien à dire aux moqueurs. C'était dans leur nature d'être pourri. C'était dans ma nature d'être pugnace. Et pourtant... mon cœur ne battait plus, ne combattais plus. Mon dos glissa contre un arbre. J'étais dans l'espace vert de derrière la Médiathèque de Diderot. Mon arbre. Celui qui m'accueillait.
L'herbe me parut noire dans la nuit. Je ne pouvais oublier ses yeux. Noir, profond, perçants.
Une fois, j'avais tenté de le dessiner. Ca ressemblait curieusement à Orochimaru enfant...mais j'avais gardé le dessin. Inconsciemment, je gardais de Gaël une image d'une créature hybride, mi-homme, mi-serpent. Avec des traits fins. Mais j'avais finalement compris pourquoi mon cerveau déformait à ce point son visage parce qu'il était androgyne. Il avait un visage de fille. Un visage fin, beau, et que ses yeux étaient tellement hypnotisant, pour moi, que les fixer me donnait l'impression de ne pouvoir détacher mon regard du sien, et ses prunelles noires dévoraient son visage, captivantes.
JE ris. J'aurais dut me rendre compte plus tôt que j'étais obsédé par lui. C'aurait été plus rapide, plus facile.
Mais mes ardeurs de garçon me poussaient à voir d'abord, à ne pas me mouiller. J'aurais put avoir honte, ensuite, et gâcher quelque chose. Ce que je ne voulais pas. Je voulais avant tout que nous restions ensemble, tout les trois. Tout les deux.
Willan le savait. Il le savait comme Elyo savait que Willan aimait Bleue. C'était unique, incaptable . D'une logique totale.
La pluie se mit à couler. Cela faisait deux fois. Je levais mon visage. Peu à peu, les lourdes gouttes de pluie percèrent les ramures de l'arbre, et peu à peu, coulèrent sur mon visage. JE fermais les yeux.
Gael, je t'aimais vraiment. Tellement. Pouvais comparer cela? Oui. Naruto et Sasuke. C'était une amitié tellement... complexe. Je refusais de le laisser tomber, de l'oublier, mais lui, de son côté, était parti.
Masashi Kishimoto...quel génie. Il faudrait absolument que je rencontre cet homme... Je souris. De l'eau glissa entre mes lèvres.
Je me souvenais. Mes pouvoirs. Les serpents. JE me souvenais, à quatorze ans, m'être posée une question. Une réflexion, plus exactement.
« Les héros des livres ne profitent jamais de leurs dons. Genre, les personnages principaux des livres sont toujours dotés de pouvoirs beaucoup plus puissants que les autres. Et ils n'en profitent jamais abusivement. Si j'en avais, je ne ferais que les utiliser, par pur plaisir de les posséder. »
Je crois que je commençais à comprendre. Certes, je pouvais faire apparaître des serpents. Parler à Thanel, si je le souhaitais. Rendre vivant mes écrits.
Mais je m'en foutais. Ce n'était pas important. La réponse c'était ça.... plus rien n'avait d'importance que ce soit les pouvoirs ou autres, quand tu trouvais une raison de vivre. MA raison de vivre, à l'époque, c'était Gael.
Et là? Pourquoi hurlais à mon corps entier de se souvenir de tout ce qui avait disparu? L'étrange tatouage serpent, Thomas Teufel, mes rêves prémonitoires? Parce que...je cherchais un lien vers Gael, pas vrai? Je lui disais de revenir, je retrouvais quelque chose qui avait disparu depuis longtemps...
Deux ans...c'était affreusement long. Je me souvenait d'Akash, de Chintamani, des enfants que nous étions. Des ciseaux d'Anna, des fessées, puis des claques. De notre refus d'apprendre le français. Pourtant nous en avions la possibilité. Mais être surdoué, bande d'abrutis, cela ne voulait pas dire savoir tout faire grâce au Super-Cerveau. Non.
Je me souvenais Anna. Le mouvement de ses lèvres quand elle nous annonça ne pas être notre mère. Elle restait notre Maman. Mais pas notre mère. Elle avait touché son ventre.
Je crois que je n'avais jamais poussé un cri pareil ce jour là. Nous l'avions poussé tous les deux.
Un cri silencieux, déchirant nos tympans, nos entrailles, notre tête. Nous étions découpés en deux.
J'avais exhibé mon corps, voulant faire tourner les regards sur mon passage. On m'avait abandonné, on allait donc me regarder. C'était obligatoire. Je voulais me sentir observer. Limite me faire désirer, même si c'était inconsciemment. J'étais une fille.
Puis. Gael.
Tellement moi et tellement lui.
Son cœur qui battait comme le mien pour une raison différente. Il avait le même corps que moi. Garçon-fille. Mon dieu, que je ne me lassais pas de l'observer, de l'étudier. Ses cheveux rouges. Mes yeux verts. Quel dieu s'étaient amusé avec sa palette de peinture? Mes yeux verts n'étaient pas normaux, c'était évident. Le rouge et le vert. Ne jurions nous pas merveilleusement bien ensemble?
Il y avait des cris, des histoires... mais je m'en foutais. Disons que je voyais tout cela comme exposé sur une ardoise. Je ne faisais pas attention aux détail, mais simplement au fait qu'il soit là... à mes cotés.
Willan et Gael c'étaient les meilleurs amis. Ils étaient si intelligents, tous les deux...à parler je ne sais combien de langue, de connaître sur le bout des doigts leur alphabet grec et les constellations principales... Lire Socrate et Platon, Freud et Marx.... je n'étais pas à leur niveau.
Peut être était ce pour ça qu'il était parti? J'étais trop con? Trop con, trop con, trop con....
Je ne voulais plus aller au lycée. Je vous en supplie, faites qu'une météorite de la constellation de Saturne nommée alpha détruise à jamais tous les lycées du monde.
Je pris mes genoux entre mes bras. Ne pas se laisser aller. Ne surtout pas se laisser aller. Ce n'était pas possible...
Qu'est ce que c'était avant? Avant que je ne sois totalement enfoncé dans ma déprime? C'était un silence mental. Je réfléchissais de plus en plus. Je tentais de comprendre. Mais je savais que j'allais me tuer peu à peu. Avant, c'était un refus. Là, j'acceptais. Quand il était parti, on m'avait posé des questions. Je me souvenais de la voix de Thanel à l'époque. Je l'imitais en lançant des phrases énigmatiques. J'étais impatient. Vilain petit garçon. Et puis...et puis les jours se sont alignés. Trop vite, trop lents. Et j'ai compris qu'il ne se dépêcherait pas. Qu'il ne se dépêcherait plus. Que j'étais sans lui. Ohne Gael. Je m'étais imposé un silence.
Mais là, c'était mes dernières forces, mes dernières volontés qui hurlaient. Elles se tairaient bientôt. J'attendais juste la mort de cette volonté. Qu'un souffle plus puissant que moi vienne m'éteindre, définitivement. Je me concentrerais sur Willan, mon chéri de petit frère. Je grandirais, je deviendrais...je sais pas, journaliste, peut être, avocat, docteur, éboueur, n'importe quoi... je deviendrais une de ces personnes grises qui courent sur les trottoirs le matin, pressés, sans jamais regarder leur vies, sans jamais comprendre qu'un Dieu quelconque rédige chacun de leurs souffles.
Moi je ne voulais plus de mon livre. Je voulais qu'on me fasse tourner la page, qu'on m'oublie, que je m'oublies, que je devienne un autre.
_Elyo Spirtyan, avocat de la défense...
Ma voix grave et sérieuse me fit presque rire. J'avais remarqué ça, aussi: quand on pensait, on s'entendait presque mentalement...et la voix intérieure était toujours plus aiguë que celle produite par les cordes vocales. Comme si nous étions deux personnes cohabitant dans le même corps... je m'évadais.
_Ils ont échoués parce qu'ils n'ont pas commencé par croire en leur rêve, Monsieur William Cha-ques-péa-re.
Je me mit à rire, ondulant ma voix, pour qu'elle devienne très grave, rauque. Un badaud passa devant moi, me regardant les yeux ronds. Je ne fis même pas l'effort de me calmer, continuant de rire comme un ogre avec la bouche en cœur.
J'attendis qu'il soit suffisamment éloigné pour me taire peu à peu. Puis un véritable fou rire naquit dans ma gorge et je m'affalais sur le sol. Mes yeux se perdirent dans le néant du ciel couvert.
Willan souffrait lui aussi, ces derniers temps. Pas pour la même raison que moi. Mais je me sentais trop égoïste pour aller vers lui, lui demander ce qui se passait. Je voulais d'abord m'enivrer de ma propre souffrance, détruire mes espoirs... et rester seul.
Que ferais-je demain? Je dormirais jusqu'à midi, puis je ferais mon lit, prenant tout mon temps. De ressentir chaque sensation de la journée sur mes mains. De tout ressentir; le souffle miséricordieux arrivait, je le sentais.
Je m'apprêtais à mourir. Moi? Non. A mourir pour juste renaitre différent. Je n'avais plus d'espoir. Il me fallait une autre route, un autre choix.
Des adolescents...combien étions nous? Situés entre nos treize et vingt ans. Pour moi, c'était cette limite d'âge. Et bien, combien souffraient comme moi? Ce soir? Entendiez vous mon appel en détresse, ce soir? En cet instant? Ressentiez vous cette lassitude de vivre comme cela ? Où étais cette putain de route différente, d'échappatoire? Pourquoi est ce que je devais ressentir cela? En avoir tellement marre? Je ne pouvais pas tout recommencer, depuis le début? Voir, au pire, tout annuler, et me coucher dans mon lit, sous ma couette, pour ne plus rien partager, ne plus interagir avec votre réalité d'adulte ou d'enfant?! Où étais je placé dans le fil de la vie?
Mes doigts arrachèrent des brins d'herbe gras. Je sentis la mort prendre les minces végétaux. J'étais sensible. Mais énervé. Je réduis les fines tiges en bouillie verte. Quelques gouttes glissèrent entre mes doigts. Un croissant de lune dans le ciel, qui semblait couler devant ma haine. Je devais juste...traverser un moment difficile comme aurait dit ce connard de psychiatre dont j'avais fantasmé les plus belles morts douloureuses, lentes, et sadiques. Très sadiques.
JE ne voulais voir qu' Henry. Mais elle avait muté vers Paris. Et ne reviendrais pas. Tout mon monde d'autrefois s'était...pulvérisé. Désintégré. Comme dans les jeux vidéos: pfuiiiiit, parti en poussière. Comme un miroir en éclat.
J'allais devoir retourner au lycée. Devoir me mêler à ces adolescents inconnus qui puaient la testostérone ou l'œstrogène, la tête emplie de rêves débiles, d'embrasser Kevin ou Mélissa, d'avoir des places pour le concert de Machin truc ou de la discussion sur le blog du soir, de l'année...enfin, ça je pouvais respecter. Bien que je n'utilise pas du tout le site comme la plupart des gens. Je pouvais, grâce à ce truc, causer en allemand en toute impunité avec les correspondants de Lindenberg, de Berlin... non, je n'étais jamais allé à Berlin. J'aimerais y aller un jour...
Je regardais ma montre. Nous étions en 2012. Ma fin du monde à moi... cela faisait vingt deux ans, je crois, que le Mur de la Honte était tombé.
Mes yeux s'égarèrent sur une gueule fine de renard, le visage blanc, pur, les yeux noisettes, des dreadslocks blonds... Estéban Weiler...j'aurais tellement aimé savoir qui, toi, tu deviendrais.
Qu'avais je appris d'Elyo, mon personnage d'Entrelacs? A manipuler. Mon physique trompait. Je pouvais utiliser mes dires, mentir ou non, changer mes intonations de voix... Elyo m'avait appris physiquement.
Estéban, que m'aurais tu apporté?
Cette détresse dans ce personnage...je la comprenais tellement aujourd'hui. Je savais ce que voulais dire pleurer. Souffrir. Saigner. Avoir le cœur déchiré. Moi qui croyais autrefois que c'étaient là des expressions rhétoriques... tout faux, Elyo.
Elyo, Elyo, Elyo.
Je suis un garçon. C'est quoi androgyne, Elyo? C'est avoir des traits de fille quand tu es un mec, et l'inverse quand tu es une fille?
Non. C'est ce que je croyais... mais mon corps évoluait beaucoup plus que cela. Au deçà de l'imagination. J'avais un visage trop fin et trop...beau pour qu'on dise tout de suite « jeune homme ». Mais... mes mains, mon échine, ma colonne vertébrale. J'avais l'impression d'évoluer en une espèce de monstre, d'enveloppe charnelle inadmissible. Mes jambes qui s'allongeait avec douceur et courbe, mes doigts fins, gracieux. Mes poignets souples, mon bassin...surtout mon bassin. Il n'était ni rond, comme celui d'Anna, ni droit, carré comme Estéban.
Mon corps se trouvait à la limite de l'impossible, en total équilibre entre le féminin et le masculin.
Tous les ados étaient complexés par leur physique. Comme j'aimerais, ces derniers temps être boutonneux, barbus, puant, n'importe quoi! Qui se permettait de dire que je chialais sur mon sort sans savoir? Des mecs de quarante ans me regardaient avec envie! Des femmes mûres rougissaient et détournaient le regard! J'avais honte de moi, de mon corps. Je n'étais pas un objet sexuel...sauf pour tout le monde.
Akash et Chintamani, gamins indiens de cinq ans, aux origines mystérieuses, destinés à devenir pédés. Génial.
Qui étais je?

Willan m'attendait, assit à la fenêtre. Somnolent, il rouvrit lentement les yeux. Je lui souris et il enjamba le rebord. J'attendis un peu, puis un cliquètement au niveau de la serrure. J'entrais dans le hall sombre.
Demain, j'avais rendez-vous à Nantes pour une conférence. Boris Cyrulnik présenterait son livre... je souhaitais le voir.Je posais la main sur le mur du couloir. Le contact entre le papier peint et ma peau émit un crépitement appréciable. Je rangeais mes baskets près du paillasson. Je jetterai mes Doc Martens, toutes, dès que cette fichue histoire se terminerait.
Willan m'avait gardé une part. Je le regardais, figé dans l'entrée.
_Will. Tu es vachement différent.
Il releva ses yeux verts sur moi. J'avais envie de le serrer dans mes bras, de caresser ses cheveux, de le remercier d'être si merveilleux à mes yeux, d'être mon petit frère à moi. Au lieu de ça, je restais immobile, comme un con.
_Mais merci.
Un faible sourire. Il m'en gratifia d'un, rayonnant, beaucoup plus sincère que le mien. Merci beaucoup Willan Spirtyan d'être ce que tu es. D'être mon support.


Page 8: Microsoft Word, utilisation non commerciale. (protégé par huissier)


Silence, je passe.
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Birthday


Birthday

Age du personnage : 17.

Familier : Not yet.
Couleur de magie : The blackest one.
Niveau de magie :
  • Faible
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Sangrave.
Résidence : Fortress Grey.
Dans le sac : Knives, dresses & make-up.

Affinités : Magister - Love.
Ava - Frienship?
Mère - Motherfucker.
L'line - Enemy.

MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeMer 24 Aoû 2011 - 2:33

Bon, alors... Déjà, j'ai pas lu entièrement l'extrait, mais je le ferai si tu me dis que tu veux une critique détaillée et complète de ma part. Et je t'avertis, si tu as été déçu ou découragé par le refus d'une maison d'édition (qui ne critique pas le texte de l'auteur, elle ne fait qu'accepter ou refuser, globalement), attends-toi à (peut-être) l'être davantage avec moi. Parce que quand je critique, je ne fais absolument aucun cadeau et ce, à personne What a Face. Cela dit, le tout est argumenté de façon correcte, il y a des preuves à l'appui, ce n'est pas un texte d'opinion que j'offre, mais une critique. Nuance, quoi.

Cependant, tu as droit à des conseils objectifs et tu pourras t'améliorer, éventuellement... Ça te tente 8D ?

Edit : Et j'aimerais savoir pourquoi tu présentes le second tome et pas le premier, ça m'intrigue...


Signature en construction. Dinosaure
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Will Torance


Will Torance

Age du personnage : 25 ans

Familier : Mort. C'est un souvenir douloureux, il serait adorable de ne pas en parler.
Couleur de magie : Rouge
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Lieutenant des Camouflés.
Dans le sac : L'univers, en petit format.

Affinités :


MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeMer 24 Aoû 2011 - 9:57

Bien sûr que je dis oui aux critiques. Merci, d'ailleurs.
Et du fait que ce soit le deux... -_- en fait je ne retrouve pas la version pdf du tome un...


Silence, je passe.
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Will Torance


Will Torance

Age du personnage : 25 ans

Familier : Mort. C'est un souvenir douloureux, il serait adorable de ne pas en parler.
Couleur de magie : Rouge
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Lieutenant des Camouflés.
Dans le sac : L'univers, en petit format.

Affinités :


MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeLun 24 Sep 2012 - 21:57

http://entrelacshandschrift.blogspot.fr/

Des nouveaux articles! Touuuuut pleiiiiiiiins d'nouveaux articles!


Silence, je passe.
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Lou Ange

Vol au vent

Lou Ange

Age du personnage : 18 ans

Familier : Svaha, louve rousse à trois queues
Couleur de magie : Bleu-gris
Niveau de magie :
  • Faible
Niveau de combat :
  • Plutôt élevé


Métier : Voleuse Patentée fraîchement diplômée
Résidence : Maison à Travia
Dans le sac : Nourriture, livres, poignards et shurikens, boule de cristal, passe-partout et autres gadgets de VP

Affinités : - Ewlan : saleté.
- Elya : soeur d'ailes ;)

Connaissances : L'ilne, Leyla, Laara, Andô, Ambre, Skyler, Jo

MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeMer 26 Sep 2012 - 23:22

... J'aime *_*
Je sais vraiment pas quoi dire d'autre, là, parce que je suis en train de m'endormir sur mon clavier et que j'ai du mal à mettre mes idées en place, mais c'est assez bien résumé X)

Je m'autorise une seule critique : le dernier mot de l'extrait, "support"... ça fait support, genre "toile ou canson"... Bref je me comprend. Je pense qu'un autre mot collerait mieux, mais c'est seulement l'avis d'une décérébrée... clown


Signé Lou, masochiste professionnelle (qui peut pas s'empêcher, quand elle voit un post qui fait 20 kilomètres, de commencer à le lire, et dans certains cas, comme celui-ci, de continuer jusqu'à la fin tellement que c'est bien) ><


Entrelacs-Handschrift tome DEUX 882438lousigna

Svaha:
 
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http://Voleuse Patentée, mi vampyr, mi-elfe, cheveux blonds aux mèches noires, yeux bleus, dents et griffes de vampyr, oreilles d'elfe, moyenne de taille. Curieuse, téméraire, lunatique. Vit à Travia avec ses parents, aime l'aventure.
Will Torance


Will Torance

Age du personnage : 25 ans

Familier : Mort. C'est un souvenir douloureux, il serait adorable de ne pas en parler.
Couleur de magie : Rouge
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Lieutenant des Camouflés.
Dans le sac : L'univers, en petit format.

Affinités :


MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeLun 4 Fév 2013 - 12:13



Silence, je passe.
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Ava Reikon Rox


Ava Reikon Rox

Age du personnage : 23 ans

Familier : Rubis, oiseau (Cardinal Rouge), mort
Couleur de magie : Anciennement vert, noir désormais
Niveau de magie :
  • Plutôt élevé
Niveau de combat :
  • Plutôt élevé
  • Elevé


Métier : Officiellement apprentie de Shinzô, ce qui n'est pas vraiment un métier en soit
Résidence : Sur Terre, en fuite.
Dans le sac : Des poignards, une dent de dragons, son épée : Espoir, sa bague de fiancaille...

Affinités : Shinzô : Le plus grand amour de sa vie et père de son enfant.

Shinishi : Son fils, le deuxième amour de sa vie.

Magister : Pour le peu de fois où elle l'a rencontré, elle ressent pour lui autant de mépris que de la crainte. Elle ignore qu'il a disparu.

MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitimeLun 4 Fév 2013 - 12:44

Ah, c'est bizarre. Je ne peux pas y accéder o_o
Citation :
Votre compte actuel (******@gmail.com) ne dispose pas de l'autorisation d'accès nécessaire pour afficher cette page.

Sinon, je suis amoureuse de ton avatar I love you


Entrelacs-Handschrift tome DEUX Rwp4z9

Entrelacs-Handschrift tome DEUX 187764AvaShinzo
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MessageSujet: Re: Entrelacs-Handschrift tome DEUX   Entrelacs-Handschrift tome DEUX Icon_minitime

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